Les préjugés sur l’apprentissage en prépa

Le titre de cet article est très inspirant. En effet, lorsque l’on baigne dans le milieu ou que l’on fonde nos espoirs et/ou que l’on se fixe pour ambition d’intégrer une grande école d’ingénieurs, c’est quasi automatique, des idées reçues ressurgissent. Alors comment s’en défaire ? Comment garder notre optimisme d’enfant et se parer à toute éventualité pour aller au bout de notre rêve ?

Avant de démarrer sur les préjugés, intéressons-nous d’abord à ce que l’on qualifie de grande école.

Qu’est-ce qu’une grande école ?

Une grande école est un établissement de formation supérieure qui délivre un diplôme conférant le grade de master, qui sélectionne ses étudiants sur des critères en cohérence avec les enseignements qu’ils recevront et les débouchés professionnels des disciplines enseignées.

Passons maintenant aux idées reçues :

Préjugé n°1 : Les classes prépas ne concernent que les premiers de la classe.

Indépendamment du lycée d’origine, un assez bon niveau et des bases solides sont nécessaires pour réussir en classe préparatoire mais le potentiel est une dimension importante.

Préjugé n°2 : Les classes prépas sont un système performant pour tous.

Les CPGE ne conviennent pas à tous les élèves. Les méthodes pédagogiques répondent aux attentes d’élèves qui ont besoin ou qui apprécient les sollicitations pour avancer.
En revanche, ceux qui en ont la volonté doivent pouvoir intégrer une classe prépa s’ils le souhaitent.

Préjugé n°3 : Les classes préparatoires sont un système fermé.

Le recrutement en CPGE suit une procédure nationale, défi nie et organisée par le ministère de l’Éducation nationale, et basée sur les résultats de première et terminale des candidats. Cette procédure assure une équité parfaite dans la sélection des élèves.

Préjugé n°4 : Le niveau de sélection est tel qu’il dessert les classes sociales les moins favorisées.

On retrouve la même tendance dans les autres branches.

Préjugé n°5 : Les classes préparatoires créent des inégalités.

Les classes prépas ne créent pas d’inégalités, elles héritent de celles générées par le système d’enseignement primaire et secondaire et réussissent même à les atténuer.

Préjugé n°6 : Les classes préparatoires n’accueillent pas les boursiers.

Il y a davantage de boursiers (sur critères sociaux) en classes prépas qu’à Sciences Po Paris.

Préjugé n°7 : Il existe une compétition importante entre les élèves.

Pour un nombre très réduit d’écoles très sélectives et prises, la performance au concours est essentielle mais pour plus de 90% des écoles les concours sont davantage un système d’affectation dans lequel une réussite est quasi certaine.

Préjugé n°8 : Une approche essentiellement théorique.

Les CPGE apportent une base théorique nécessaire à la formation des ingénieurs et managers en cinq ans. L’approche expérimentale tient également une place privilégiée afin de pouvoir justifier les modèles et valider les résultats, tout particulièrement dans les filières PC, PSI, PT.

Préjugé n°9 : Les élèves de CPGE sont des bêtes à concours formatés.

L’intelligence et l’esprit critique sont recherchés dans les épreuves de concours aux grandes écoles. La réflexion est donc cultivée pendant les deux années de CPGE. Pour résoudre un exercice qui sera toujours nouveau (pas de bachotage donc), il faut d’abord le comprendre, imaginer une solution possible, la tester (parfois expérimentalement)
et, toujours, critiquer le modèle utilisé. La recherche du bon modèle, suffisamment simplifié tout en restant adapté à une situation, voire généralisable à d’autres, fait partie des compétences essentielles que doit avoir un futur scientifique.

Préjugé n°10 : Les élèves apprennent sans comprendre.

Leur réussite dépendra de ce qu’ils ont assimilé en termes de réflexion et des méthodes de travail et de synthèse, en complément bien évidemment des connaissances apprises.
Les connaissances sont essentielles mais leur mise en œuvre est le cœur de la créativité et de l’innovation.
Une seule solution pour réussir : avoir compris.

Préjugé n°11 : Des élèves broyés et déprimés par le système.

Les élèves travaillent dur mais ils savent que leur travail portera ses fruits et qu’ils réussiront. Peu de formations ont un tel taux de réussite.
Il faut garder en mémoire qu’obtenir un master n’est pas chose aisée : dans quelque filière que ce soit, il faudra travailler sérieusement.

Les élèves doivent s’organiser dans leur travail pour pouvoir se réserver du temps libre pour leurs activités extra-scolaires. À défaut de réellement progresser, tout sportif, artiste ou musicien peut espérer maintenir son niveau. Il pourra ensuite certainement aller de l’avant une fois dans une grande école.

Préjugé n°12 : Les classes préparatoires n’existent qu’en France.

Différents pays qui ont été associés à la culture française ont un dispositif de CPGE et on voit apparaître des demandes de création de CPGE dans de nouveaux pays (Luxembourg, USA, Irlande…)
Le Maroc s’inspire désormais entièrement de ce modèle pour la formation de ses ingénieurs ; des prépas existent en Tunisie, au Gabon, en Côte d’Ivoire, en Turquie, en Autriche et bientôt une à New-York.
Des enseignants de CPGE sont par ailleurs recrutés par des pays qui importent ce modèle sous une forme plus locale en Chine.
Bien que le système des CPGE soit peu connu à l’étranger, les grandes entreprises internationales connaissent la valeur d’un ingénieur français.

Si vous avez des remarques à faire, n’hésitez surtout pas, ça me fera plaisir. A très vite.